Je rame vraiment dans Cahiers Evangile. Comment quelque chose d’aussi simple peut-il autant me résister? Je ne retiens rien. Je n’ai pas de marque-page, rouvre le fascicule (une soixantaine de pages) et reprends à peu près à l’endroit où je m’étais interrompue pour m’apercevoir au bout de plusieurs pages que j’ai déjà lu le passage: il ne m’a laissé aucun souvenir.
Impressionnant.
Moi qui pensais que l’exégèse serait un point fort… C’est tellement l’inverse que c’est presque la même chose. Cela glisse. La seule chose qui me plaît, ce sont les rapprochements abrupts d’un verset à l’autre à travers les centaines de pages. Cela me réjouit. Je suis impressionnée par le soin des traductions, qui se sont appliquées à ne pas gommer les bizarreries, les aspérités. «Ils voyaient l’orage… Comment peut-on voir un orage, ça ne vous paraît pas bizarre? On voit des éclairs.»
Je me rends compte que je passais outre ce genre de question en me disant que c’était la traduction, et que de toute façon, rechercher la logique dans des miracles ou assimilés, ce n’était pas franchement utile: c’était bizarre par construction.
Eh bien non, il y a des personnes pour s’arrêter, pour tâcher de comprendre, de trouver une résonance, la trouver dans une page “très difficile” de Deutéronome, et s’apercevoir qu’un verbe est en hébreu et l’autre en araméen et que donc…
Très fort, mais plus plaisant à écouter qu’à faire (et de toute façon, c’est le résultat d’années d’étude patiente: quelle chance avons-nous (etc.))